NKM, pas de politique spectacle svp

Publié le par restalheuredété

Lors de l'échouage du TK Bremen sur une plage au sud de la bretagne, Nathalie Kosciusko-Morizet, par effet d'aubaine, a déclaré qu'à l'avenir elle envisageait de donner une responsabilité supplémentaire aux capitaineries de port: juger s'il est souhaitable que tel ou tel navire puisse prendre la mer en raison de la météo.

 

N'importe quoi!


Que disent les textes règlementaires? "Les officiers de port avisent l'autorité maritime chargée du contrôle ou de la sécurité des navires de tout fait dont ils ont connaissance donnant à penser qu'un navire... ne peut prendre la mer sans danger pour lui-même, l'équipage, les passagers, la sécurité de la navigation, la santé ou l'environnement"; "qu'ils peuvent interdire (son) départ jusqu'à ce que l'autorité maritime ait déclaré le navire en état de prendre la mer".

Le texte précise que la loi du pays s'applique à un navire étranger en escale dans le port dudit état. Il peut donc être contrôlé par la capitainerie.

Cette règlementation maritime internationale fut le premier coup de canif à la toute-puissance du droit du pavillon. En effet, pendant très longtemps, ce fut la réalité quand le commandant était isolé en mer, sans aucun lien avec la terre; il était "seul maître à bord". Cette notion est très émoussée aujourd'hui. Les moyens de communication modernes ont tout bouleversé.

À l'heure actuelle, le commandant d'un navire marchand prend ses instructions auprès de son armateur, il est son "préposé". S'il souhaite se dérouter en raison du mauvais temps, il appellera l'armateur.

 

Évidemment, si les armateurs étrangers savent que leurs navires peuvent être bloqués dans un port français en raison de la météo, ils demanderont à leurs commandants d'éviter une escale sur nos côtes. Les ports français se videront.

Des ports qui se vident avec comme conséquence moins de travail pour les dockers (tant mieux diront certains, ils arrêteront de nous emmerder) et toutes les entreprises qui vivent de part la présence des navires à quai.

Moins de navires veut dire moins de pollution ou de risque de pollution. Il doit bien y en avoir qui s'en réjouiront.


N'importe quoi!

 

Autre corrollaire: qui appréciera la notion de mauvais temps ? Tout dépend de la taille du navire (une vague de 6 mètre n'a pas le même effet sur une coque de noix et sur un super tanker), de la compétence de l'équipage, de la route suivie, etc. Quelle force des vents ou mer formée sera retenue comme seuil d'interdiction ?

Voilà du travail pour nos énarques.


Et le contentieux alors, car il ne faut pas oublier que nous vivons dans un monde où l'argent est roi; bloquer un navire, c'est faire perdre de l'argent à l'armateur, l'affréteur, le client... ces derniers pourraient lancer un recours pour indemnisation s'ils considèrent que l'appréciation du mauvais temps faite par les autorités d'un port était inappropriée.


N'importe quoi!

 

J'ai pris mon temps pour écrire cet article. Le TK BREMEN s'est échoué le 16 Décembre 2011 et NKM dès le 18 annonçait qu'elle réfléchissait à une extension des pouvoirs des capitaineries de port. Aujourd'hui 22 janvier 2012, soit elle continue de réfléchir, soit , devant le flot de réactions négatives, elle se consacre à rechercher d'autres idées.

Merci au Monde et à wikipédia.

 

LES RÉSULTATS COMPTENT BIEN PLUS QUE LA GESTICULATION.

UNE BONNE IDÉE EST CELLE DONT LES MESURES D'APPLICATION SONT MISES EN OEUVRE DÈS SON ANNONCE. 

 

Et voilà.

 

À bientôt.

 

RESTALHEUREDETE

 

Voir aussi:  TK BREMEN déconstruction CANDIDATS TROP PRESSÉSLE RÔLE DE L'ARGENT DANS LES ÉLECTIONSKYOTO DURBANÉlections et accord politiquesASSURANCE-MALADIE  

Publié dans Y'EN A MARRE

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