IMMIGRATION? ENJEU ECONOMIQUE

Publié le par restalheuredété

Avec un flux net de 100.000 personnes par an, la France est l'un des pays européens qui accueille le moins d'étrangers. A l'heure où le ministre de l'Intérieur plaide pour une réduction de l'immigration légale, quelques vérités sont bonnes à dire.

La France, vieux pays d'immigration, comptait déjà près de 1 million d'immigrés au début du XXème siècle, contre 5 millions actuellement. Certaines entreprises, dans les années 60, allaient jusqu'à débaucher les ouvriers au Maroc et en Algérie.

Depuis quelques semaines, le ministre de l'Intérieur plaide pour une diminution de l'immigration légale. A l'opposé de M Sarkozy qui avait mis en avant « l'immigration choisie », visant à favoriser l'arrivée de travailleurs étrangers dans des secteurs en pénurie de main-d'oeuvre.

Quelques questions utiles:


La proportion d'immigrés a-t-elle augmenté sur le territoire français ?

300.000 immigrés annuel en 1920, 200.000 l'an dernier comme les années passées. Comme 100.000 personnes émigrent chaque année, le solde migratoire est autour de 100.000 immigrés par an, soit un des pays européens où l'immigration est la plus faible.

Pour reprendre les mots de Claude Guéant, comment expliquer, alors, que « les Français ne se sentent plus chez eux ? ». C'est de l'ordre du ressenti pour certains et du vécu pour d'autres, liés à une forte concentration d'immigrés dans certaines zones géographiques, avec un taux de pauvreté plus élévé qu'ailleurs, sans doute.

Pour autant, la proportion d'immigrés a diminué en france au cours des décennies passées.


Les immigrés pèsent-ils sur les comptes sociaux ?

La France est généreuse en termes de protection sociale. Un atout pour attirer les « cerveaux» étrangers? Un fardeau financier? Les immigrés profitent-ils plus du système que les nationaux?

  • hors retraite et santé (qui sont de loin les deux premiers postes de dépenses sociales) les populations immigrées sont, à première vue, plus souvent bénéficiaires de la protection sociale; 1,6 fois plus pour les allocations chômage et 3,8 fois plus pour le  RMI. Les immigrés apparaissent donc comme des profiteurs.
  • En matière de maladie et de retraite, les plus de 60 ans sont les premiers bénéficiaires de la protection sociale. Or les immigrés sont peu représentés dans cette classe d'âge (nombreux sont ceux qui sont retournés dans leur pays d'origine). Aussi leur poids dans les comptes sociaux est faible, et ce malgré un taux de chômage élevé.  
  • Des immigrés au travail permet de réduire la ratio retraités sur actifs (à augmentation connue du nombre de retraités, une élévation supérieure du nombre d'actifs tire vers le bas le ratio correspondant) et donc d'améliorer le fardeau fiscal du vieillissement démographique. Sur un strict plan budgétaire, l'immigration, par l'arrivée de travailleurs actifs, a donc un effet positif dans les comptes sociaux.
  • Si la France parvenait à attirer des populations étrangères plus qualifiées, moins sensibles au chômage et mieux payée ce gain serait encore supérieur, le temps que cette population vieillisse à son tour et surcharge le ratio évoqué dans l'autre sens.

Soyons fiers de notre générosité sociale en remarquant donc que les immigrés pèsent proportionnellement moins sur les comptes sociaux que les nationaux; principalement à cause du vieillissement démographique.


Une diminution de l'immigration suffirait-elle à faire baisser le chômage ?

Faire baisser le taux de chômage en ralentissant l'accès au marché de l'emploi et plus largement les autorisations de séjour des immigrés est une idée déjà ancienne à laquelle s'est rangé dernièrement le ministre du Travail. Il s'est fixé pour objectif de mieux former les chômeurs français, pour les orienter vers les métiers occupés en grande partie par les immigrés. Raisonnement séduisant... sur le papier. Sont-ils substituables? Non, car ces emplois sont souvent plus pénibles que la moyenne, moins bien payés et plus précaires. Ils intéressent donc peu les chômeurs français; c'est un fait, tout à fait regrettable ma foi. Faire baisser le nombre d'immigrés pourrait même avoir pour effet de voir croître le travail au noir, et donc l'immigration illégale.

Le travail immigré ne peut pas être rendu responsable de l'accroissement du chômage. Ce serait même plutôt l'inverse; on peut postuler qu'avec l'installation durable de la crise économique, les immigrés ont joué un rôle d'amortisseur pour l'ensemble du marché du travail, car touché en priorité par le chômage ce qui a permis aux autres travailleurs de se maintenir dans leur emploi.

Donc non, la baisse de l'immigration ne fera pas baisser le chômage en France.


L'immigration peut-elle pallier le vieillissement de la population ?

Elle peut le compenser, mais en partie seulement. L'immigration a certes un impact positif sur la population active : selon les dernières projections de l'Insee, un apport migratoire de 150.000 personnes par an engendrerait 1 million d'actifs de plus en 2040. Mais les flux actuels ne permettent pas de faire baisser de façon significative le ratio entre actifs et inactifs. Pour maintenir notre ratio de dépendance entre actifs et inactifs au même niveau que dans les années 2000 grâce à l'immigration, il faudrait des flux de migrants sans commune mesure avec ce que l'on peut raisonnablement envisager -plusieurs millions chaque année -et qui aboutiraient au doublement de la population française tous les quarante ans. 

L'immigration n'est donc clairement pas une solution au vieillissement et les effets produits sont de toute façon toujours temporaires.

 

Merci pour leur aide au journal "les echos", à l'insee et pôle emploi.

 

MIEUX NOUS ACCEUILLERONS LES IMMIGRÉS, MIEUX ILS S'INTÈGRERONT.

 

Et voilà.

 

À bientôt.

 

RESTALHEUREDETE

 

Voir aussi: GENOCIDERÉCIDIVEIDÉES DE RÉFORME DE LA JUSTICEDROIT DE GREVE ET LIBERTE DES CITOYENSBURKA, VOILE, FOULARD

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